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Bilan du Championnat de France des jeunes 2014

Classement final :

Classement final

 

Au championnat de France d’échecs, chacun joue son destin, et il est difficile de prendre du recul dans cette compétition : tout le monde vient avec de gros moyens, d’autres avec de lourds investissements en terme d’entraînement et d’argent. On n’est pas las pour participer mais pour gagner, et quelque part c’est bien dommage (voir plus loin, en conclusion). Chaque participant, sélectionné par les compétitions régionales est exceptionnel en soi, et plus encore dans l’esprit de ses parents, qui ont déposé des congés et espèrent assister au sacre présumé de leur rejeton.

Au détour d’un chemin, on croise untel, qui a trois ans d’avance à l’école, ou tel autre, qui adore tellement les échecs qu’il en fait 2 heures par jour sans se forcer, nous dit-on. D’autres prennent des cours particuliers à distance avec des grands maîtres , comme si un élève de CP avait besoin d’un prof de fac pour apprendre à lire. La rumeur circule déjà dans notre groupe qu’il faut être fille ou fils de grand maître, à l’instant d’Alexandre Bacrot issu du club que j’ai fondé dans la cité phocéenne, Marseille-Échecs, pour arriver à quelque chose aux échecs.

Les Rois dans l’arène. L’Axone de Montbéliard est une structure incroyable, plus proche de Roissy qu’un Palais des Congrès. Près de 4000 personnes étaient absorbées sans problème par l’immense complexe et nous avions l’impression de disputer un tournoi normal. Doté d’une salle polyvalente modulable de 2.500 m² pouvant accueillir jusqu’à 6.400 personnes, l’édifice aurait pu absorber ans problème un autre championnat de France en parallèle. Il était aisé de se retrouver en fin de rondes, on n’était jamais perdu. Ca va être dur d’égaler cette prestation pour la ville suivante, Tours la bien-nommée, qui sera le théâtre du Championnat de France 2015.

La délégation de l’Académie d’échecs d’Aix-les-Bains.
Commençons par une profession de foi : l’auteur de ces lignes ne donnerait sa place à personne, car apprendre à jouer à des enfants, les voir grandir, évoluer et s’éveiller autour de cette discipline sportive et intellectuelle procure en soi-même de grandes satisfactions et une impression, certainement justifiée, d’être un peu utile à quelque chose sur cette planète. Le jeu d’échecs, qui possède une incroyable littérature (près de 50 000 livres lui ont été consacré dans l’Histoire) lié à d’étonnantes capacités (10 (puissance 120) coups possibles) est étonnamment « compatible » avec le cerveau humain. Après quelques années d’études, on peut ainsi jouer sans voir l’échiquier, ce qui est intellectuellement de l’ordre du prodigieux d’après de nombreux psychologues comme Alfred Binet, au regard du nombre d’opérations mentales effectuées pour disputer une seule partie sans voir.
Après seulement 3 années d’existence, et en mettant les bouchées doubles, nous voici dans l’arène, au propre comme au figuré. Variée et porteuse d’avenir, forcément, notre équipe était composée de joueurs et joueuses déjà expérimentées (Amandine, Mathilde, Antoine, Ugo et Manon, Nicolas et même Lola) tandis que d’autres découvraient les échecs à un haut niveau, après quelques mois de pratique des échecs : Lisa et Gabriel. Ugo et Nicolas ont respectivement disputé les opens B et A, une façon d’accompagner leur sœur respective et de conjurer le sort, celui de ne pas avoir été sélectionné. Espérons que cela donne des idées à d’autres, l’année prochaine, car ils ont eux aussi vécu à la même cadence que les autres et engrangé une riche expérience.
Chaque catégorie sportive comporte deux années, et il faut normalement être dans sa seconde année pour pouvoir espérer, comment dire, être performant. C’était le cas pour Lola et Manon par exemple.
Quelques mots, à présent, sur nos sociétaires, d’après le tableau concocté par le webmaster Didier Berger.

Lola termine 6e avec 6,5 points dans la catégorie petite poussine.
C’est la seule de toute l’équipe qui a concouru en tête du début à la fin. Bien préparée, stable psychologiquement, Lola était au bon endroit et au bon moment et pouvait espérer, en toute simplicité, figurer sur le podium. Dans cette catégorie, aucune des participants ne maîtrise parfaitement les aléas du jeu d’échecs et il faut de la réussite pour décrocher le titre.
Redoutable physiquement, Lola est capable de jouer très lentement et de rester assise plusieurs heures consécutives, ce qui n’est pas courant à son âge, c’est le moins que l’on puisse dire. Sa force de travail sur l’échiquier et ses qualités personnelles, amplifiées par une famille aimante – la hisseront certainement et pour bientôt sur la scène internationale, si elle persévère dans la voie sacrée du Noble Jeu des Eschets.

Lisa termine 61e avec 2,5 points dans la catégorie petite poussine
La petite Lisa est en première année petite poussine, autant dire qu’elle sort de la maternelle. Tout comme elle, ses parents ont découvert l’ambiance du Championnat de France, parfois avec effarement, parfois avec étonnement. Au bout de trois rondes, ils sont même bluffés : leur petite fille est en tête de l’épreuve, au coude à coude avec Lola ! Son père exulte : » mais je ne pensais même pas qu’elle ferait un point, elle laisse encore pas mal de pièces en prise… « . Pas exactement. Lisa est capable du meilleur comme du pire, ce qui est courant à cet âge-là, et son attitude sur l’échiquier, déterminée et réfléchie, porte les germes d’une grande carrière si elle poursuit sa quête. Elle décroche à la première défaite et initie un rite qui devient rapidement immuable : elle expédie la servitude de la partie officielle sans un pleur, va consoler ses parents par un énhaurme câlin, puis s’en va en sautillant dans la salle d’analyse pour vraiment jouer aux échecs, en toute liberté et comme délivrée d’un poids.

Gabriel termine 72e avec 3 points dans la catégorie petit poussin.
J’ai toujours dit qu’il fallait inventer la catégorie têtard. Car tenez vous bien, Gabriel, qui vient d’avoir 6 ans, ne sort pas de la maternelle, il y est. Et il a encore deux années de petit poussin devant lui ! Il y a de la graine de prodige dans ce petit blondinet, qui fait encore plus jeune que son âge. Vice-champion petit poussin du Dauphiné-Savoie, il rend donc deux ans à la plupart de ses concurrents. Très compétition, c’est un attaquant hors pair, mais attention, façon samouraï. Il n’est pas question, un seul instant, de se défendre. A Montbéliard, il n’avait pas encore le physique pour disputer de telles parties à ce niveau, mais il s’en sort très honorablement, et son expérience l’a terriblement aguerri. Porté par une éducation très ludique, le petit ange a une mémoire visuelle très développée, qui lui fait retenir instantanément les variantes d’ouverture, pour peu qu’elles soient intéressantes. Une fois que la mécanique sera bien huilée, on va voir ce que l’on va voir … En attendant, qui veut jouer au « 6 qui prend « ?, un jeu de cartes dont il est l’ambassadeur.

Manon termine 12e chez les poussines avec 6 points sur 9.
Grâce à excellent finish, 2 points sur 2, c’est finalement Manon qui accomplit la meilleure performance de toute l’équipe – 1388 élo – pour sa dernière année en poussine. Et pourtant … Au grand dam de sa maman, ses ouvertures étaient cataclysmiques et il lui manque largement un point sur la ligne d’arrivée, en tout cas telle est mon opinion. Mais c’est qui cet entraîneur de daube qui gâche un tel talent ? La réponse est complexe, car le talent a lui-même été formaté par un enseignement intensif pendant une année à hauteur de 5 séances par semaine et Manon, qui aime beaucoup venir au club, ne prend guère ses leçons d’échecs au sérieux : c’est avant tout un amusement. Que reprocher d’autre à une petite fille équilibrée et pleine de vie  ? Comme nous l’avons souligné maintes fois sur ce blog, Manon a pour elle une grande résistance, des nerfs d’acier et un moral à toute épreuve. Et quand tout va mal – un sourire jusqu’aux oreilles !

Ugo termine 22e dans l’open B avec 6 points sur 9.
Son frère jumeau, Ugo, fonctionne sur un registre différent. Il met beaucoup de cœur et d’émotions dans ses parties et peut se sentir déprimé quand il échoue. A Montbéliard, après avoir alterné victoire et défaire, il termine en trombe avec 4 points sur 4. Le petit bonhomme a enfin repris confiance en lui et on va voir ce qu’on va voir, pour la nouvelle saison.

Antoine termine 60e avec 4 points chez les poussins.
Antoine est passé à côté de son tournoi, au propre comme au figuré. Au propre, car sa grande spécialité était de parcourir les couloirs de l’Axone au pas de course après ses parties  ! Doué aux échecs, le petit bonhomme n’a pas son pareil pour résoudre des problèmes d’échecs complexes, façon exercice de maths. Mais c’est une lutte physique, à laquelle il n’a pas pris la mesure, qui l’attendait à Montbéliard. Comme j’aime à dire, au Championnat de France, on joue un peu contre soi-même, et il faut se dépasser pour marquer le point entier. D’entrée, il n’a pas pris la bonne attitude en adoptant un jeu ambitieux dans le début de partie, et en allant chercher ses informations avec les entraîneurs de la ligue APRES la partie.
Mais le Championnat de France n’est pas un lieu d’expérimentation, c’est le couronnement d’une année de pratique. La pression et le doute se sont peu à peu installés. Presque en déroute, le plus instruit de nos adhérents a remporté deux parties consécutives, la 7e et la 8e, pour revenir à 50%. «  J’ai sauvé mon tournoi  » a-t-il alors déclaré avec juste raison. Dans la dernière partie du matin, Antoine a expérimenté une nouvelle ouverture et perd au temps dans une position largement supérieure, confirmant l’impression d’inachevée de sa prestation.

Mathilde termine 37e  avec 4,5 points chez les pupillettes.
Mathilde a une façon bien à elle d’échapper au stress : en réduisant la voilure  ! Éblouissante en blitz, il lui arrive hélas de se mettre en mode «  partie rapide  » pour éluder le problème d’une partie longue, en s’intéressant davantage à l’échiquier d’à côté. Plus d’un enfant est venu me demander cette année «  mais comment elle fait Mathilde pour jouer sans regarder l’échiquier  ?  ». A Montbéliard, il a cependant bien fallu s’y mettre. Après un départ en demi-teinte, Mathilde s’est laissé absorber par le jeu pendant de longues heures et a bien pris le rythme. Plusieurs fois, elle n’a pas poussé son avantage en fin de partie, certainement par manque d’assurance. Ce tournoi très riche en expériences où elle finit honorablement est un nouveau départ pour la championne pupillette du Dauphiné-Savoie. On attend la suite avec impatience.

Nicolas termine 116e dans l’open « A » avec 3 points sur 9.
En regard de la force des adversaires qui lui étaient opposés, le frère de Lola a été en lice pour la meilleure performance élo de notre formation jusqu’à 3 rondes avant la fin. Mais, dépité, notamment par une « erreur de main » – une interversion de coups dans une position qu’il connaissait parfaitement – Nicolas a plongé dans l’estime de lui-même comme au classement général en s’inclinant trois fois de suite, comme un petit Japonais. Mais ce tournoi d’entraînement est riche d’enseignements, et Nico a plus d’une corde à son arc. Féru d’informatique et passionné d’échecs jusqu’au bout des ongles, il est capable de jouer toutes les ouvertures et devrait rapidement obtenir un élo FIDE. Sera-t-il à la bonne place au bon moment l’année prochaine ?

Amandine termine 57e avec 4 points chez les minimettes.
Amandine est la personne à laquelle j’ai certainement le plus apporté (en toute modestie). Après l’épisode de sa 6e partie relatée dans notre compte-rendu, la jeune Chambérienne , requinquée, enclenche le turbo et remporté ses 3 dernières parties. Elle accomplit la meilleure performance de toute notre équipe en venant à bout d’une joueuse classée 1611 dans la 9e et dernière ronde. En usant d’une ouverture ambitieuse qui vient de faire l’objet d’un livre (!) 1.e4 c6 2.d4 d5 3.f3  !? Amandine, méconnaissable, et surtout en complète méconnaissance de la théorie qu’elle venait d’inventer sur l’échiquier, sacrifie un pion et se lance à l’attaque. Cela s’appelle un gambit. Par pour Amandine, qui préfère la version mesurée: «  elle m’a gagnée un pion, mais j’ai beaucoup de jeu en compensation  ». Tu parles  ! Son adversaire n’a pas vu le jour du début à la fin de cet ultime engagement, sans doute éreintée elle aussi par une semaine de joutes.

 En guise de conclusion

Il y a des réflexions à tirer de cette expérience, de celles des autres et des championnats antérieurs.
Tout d’abord le championnat de France est l’occasion pour moi de discuter et d’échanger avec des entraîneurs de haut-vol. Ils apprécient également ma compagnie et mon expérience, visiblement, car toutes mes soirées ont été occupées ainsi à Montbéliard, jusque tard dans la nuit. Et nous avons fait quelques constats édifiants, dont vous allez avoir ici la primeur. Mais pas tout quand même, hein, j’en garde sous la pédale.
Tout d’abord le championnat de France d’échecs est un événement presque unique au monde. Débauche de moyens dont nous avons déjà parlé, et formation d’ une race de joueurs et de joueuses bien spéciale.
La majeure partie des participants au Championnat de France ne sont pas d’authentiques joueurs d’échecs.
On s’aperçoit ainsi, dans les catégories féminines supérieures, les juniors, qu’il n’y a plus personne. En petites poussines, poussines, pupillettes, elles sont des centaines. Il en reste une poignée en junior. Elles sont passées où ?
Elles ont arrêté la compétition, prises par la vie, les études, the « Voice » ou leur petit ami… Les échecs, elles aiment bien, c’est de bons souvenirs d’enfance, mais maintenant, elles ont d’autres choses à faire. Voilà la réponse. Et idem pour les garçons, dans une moindre mesure.
J’en avais discuté avec Jean-Claude Moingt, l’ancien président de la FFE et lui-même entraîneur, pendant de longues années du club de Clichy. C’est lui qui m’avait ouvert les yeux. Il refusait de rentrer dans le système, et son club n’avait pas énormément de titres chez les jeunes, à l’époque. Puis, plus on avance dans les catégories d’âge, et plus les membres de son club devenaient performants. De « vrais » joueurs d’échecs, jusqu’à collectionner les titres de Champions de France par équipes chez les adultes.
C’est la même chose avec les nations, notamment la Russie. Les russes sont moyennement performants chez les très jeunes. Puis, à l’inverse exactement des joueurs tricolores, plus on avance dans les catégories d’âge, plus ils développent une puissance phénoménale. Dès lors que l’on arrive aux minimes-cadets, ils ont une palanquée de jeunes joueurs  qui émargent à plus de 2500 élo. Un phénomène inexplicable pour nous autres, et difficilement transposable en France. La dernière au classement général des joueuses russes, au récent championnat junior des féminines de la Fédération russe, possède un élo de 2196 élo. CQFD.

La majeure partie des participants au Championnat de France ne sont pas de vrais joueurs d’échecs. Quoi ? Ils sont faux ? Des joueurs de seconde main ? On ne nous dit pas tout.
Non. Ce sont, pour la plupart, des bêtes de concours, des « surdoués » particulièrement performants dans le système scolaire , qui ne font que passer.
Ils arrivent à absorber en un minimum de temps un maximum de connaissances, d’où le travail intensif des entraîneurs, qui, en quelque sorte, luttent entre eux par personnes interposées, pour le plus grand bonheur des parents.
Et ils souffrent. Les entraîneurs et les enfants. Tous, mis à part la poignée ce ceux qui réussissent. Et encore, car l’année prochaine, il faudra maintenir son rang.
Les entraîneurs perçoivent un maigre salaire et sont particulièrement conscients d’être l’objet de pression de parents vaniteux, qui ont le pouvoir de les répudier à tout moment ou, pire, de détruire leur réputation en passant, par exemple, avec armes et bagages dans un autre club en leur taillant un costume sur mesure. Dans ce cas, c’est un drame pour l’entraîneur, dont l’investissement humain part en fumée et se retourne contre lui. Des enfants, avec qui il avait des liens quasiment filiaux, ne lui parlent plus du jour au lendemain. Cela m’est arrivé et m’arrivera, cela est arrivé à bien plus important que moi, comme l’expert en la matière, le grand maître récemment promu Laurent Guidarelli.
Il me confiait récemment que, que lorsque cela lui tombait dessus, c’était tout de même une libération.  » Je me souviens d’un élève particulièrement doué, à qui je donnais tout. Je passais parfois plusieurs heures par jour a gérer la mère, incontrôlable et obnubilée par le talent de son enfant. Je n’en dormais plus de la nuit. Quelle déception, mais quel soulagement lorsqu’ils sont partis du club … » 
Un bon résumé.  Il n’y a pas de « mercato » en échecs, il n’y a aucune compensation financière pour avoir élevé et souvent éduqué un enfant pendant des années.
(…) Dans notre petit microcosme d’Aix-les-Bains, j’ai été étonné de vivre cela dans une version édulcorée dès cette année. A la différence des autres entraîneurs, personne ne me paie, de surcroît, d’où un sentiment d’injustice bien plus élevé.
Je ne veux pas ajouter la zizanie à la zizanie, mais c’est aussi mon rôle de président de crever les abcès et de faire en sorte que tout aille mieux, en cernant et en résolvant les problèmes humains. Je développe un peu par conséquent.
J’ ai vu notamment des enfants – au nombre de 3 – , avec qui je me suis entraîné le matin, refuser de jouer ma préparation – bien modeste il est vrai – l’après-midi ou le lendemain. Quelle expertise de leur part ! Elle n’est pas bonne ma laitue ? Une ouverture que nous avions vue maintes fois en club est ainsi mise de côté, pour des raisons que j’ignore complètement. Cela se traduit par des déroutes immédiates sur l’échiquier, des réactions d’orgueil  – voire colériques – des parents, sous mon œil médusé …
Que suis-je venu faire dans cette galère ? J’ai même eu un coup de fil, un semaine après la fin du championnat, d’un père qui a particulièrement brillé par son absence dans ce championnat crucial pour son enfant, et qui m’accuse d’avoir fait pleurer la chair de sa chair pendant au moins une minute. Façon patron qui morigène un de ses employés entre deux commandes par téléphone. Et de m’expliquer doctement, au delà de cette forme caractérisée de maltraitance, que ce n’est qu’un jeu (comme les Petits Chevaux ?) et qu’il ne faut pas stresser les enfants de cette façon. Ben voyons.
Que chacun en tire ses conclusions au plan personnel en changeant éventuellement de club, mais avouez que c’est inattendu pour moi  d’assister à ce manque de cohésion dans ma propre formation, si poreuse aux événements extérieurs.
Evidemment, tout cela n’est pas une affaire d’état, et je n’en veux à personne. J’offre même l’apéro à tous ceux qui veulent en discuter avec moi, en groupe ou en tête à tête, mais, par pité, pas par téléphone …

J’en tire quelques leçons.

  • La premières est, qu’au niveau fédéral, il faut créer un mouvement, une sorte de syndicat, qui protège, conseille et forme les entraîneurs, sur le modèle du corps arbitral, si bien constitué. On en parle depuis des années …
  • La seconde est qu’il faut chercher une voie, à Aix-les-Bains, accessible à tous et qui privilégie à la fois la compétence et le savoir de l’élève, une formation qui soit en adéquation avec la convivialité qui sied à un jeu, avec l’ambiance festive d’une communauté qui partage la même passion et les mêmes valeurs.  En bon sportif, il faut que l’enfant donne le maximum de son énergie pendant la partie, et la conserve avant et après, grâce à un entraînement permanent toute l’année. Et sur place … on fait la fête, on va au cinéma, on sort au restau, on visite et on fait du sport. On partage le simple plaisir d’être ensemble. On a perdu ? On s’esclaffe et on en rigole. Mon dieu que j’ai mal joué ! On fera mieux la prochaine fois, car il y a toujours une prochaine fois aux échecs. Cet enfant sera moins prêt que les autres sur l’échiquier le moment venu, à l’évidence,  mais plus armé pour la partie. Sa gestion du stress sera totalement différente sans ce bachotage. Je n’ai jamais entendu dire que le bachotage était la meilleure façon de réussir un examen, même si tout le monde le pratique.
    Aidez-moi à construire l’Aquense Homo Ludicus * !
    Et merci de me laisser des commentaires. Le débat est ouvert.

Jean-Pierre Mercier

  • Aquenses est le mot latin pour désigner les  habitants d’Aix-les-Bains.

 

Un commentaire sur “Bilan du Championnat de France des jeunes 2014

  1. Complètement d’accord avec ta conclusion JP.
    Et OK pour un apéro pour parler, dans les grandes lignes, de la création d’un groupe d’entraîneur reconnu, si cela ne se fait pas encore au niveau fédéral, pourquoi pas commencer à l’échelon régional ?
    Bises,
    Seb

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